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Doit-on cesser le supplément de vitamine D chez l’enfant de plus d’un an qui mange de tout?

Publié le :
Par : L’équipe de nutritionnistes de Nourrir la vie | Dispensaire diététique de Montréal
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Oui et non. Les enfants âgés de 1 an et plus ont besoin de 600 unités internationales (UI) de vitamine D par jour. Santé Canada recommande un supplément de 400 UI par jour chez les enfants qui ne consomment pas de lait de vache.

Parce qu’elle facilite l’absorption du calcium, la vitamine D est essentielle à la santé des os et des dents. Pour cette raison, il est primordial de combler les besoins en vitamine D de l’enfant en développement. Une déficience en cette vitamine peut mener au rachitisme, une maladie qui affecte la croissance des os et peut causer des faiblesses musculaires et des fractures.

Les sources alimentaires de vitamine D sont peu abondantes. Elle est ajoutée au lait, à la margarine, aux boissons végétales et à certains jus d’orange et de pomme. Alors que le lait est enrichi en vitamine D, les produits laitiers (yogourt, fromage, crème glacée) en contiennent très peu. Les seules sources naturelles de vitamine D sont le jaune d’œuf et le poisson gras tels que le saumon, le maquereau, le hareng ou encore la truite.

 

Aliments Portion Teneur (Ul)
Saumon 90 g 496
Huile de foie morue 15 ml 426
Jaune d’oeuf 2 jaunes 47
Lait 1, 2 ou 3% enrichi 250 ml 90
Boisson soya enrichie 250 ml 87
Margarine enrichie 15 ml 78
Jus d’orange enrichi 250 ml 100
Fromage enrichi (cheddar) 50 g 3
Yogourt enrichi 125 ml 51

Exposée aux rayons du soleil, la peau a la propriété de synthétiser la vitamine D. Toutefois, en raison des risques du cancer de la peau, il est recommandé de minimiser l’exposition directe au soleil, particulièrement chez les enfants. Il convient donc de les protéger du soleil avec vêtements, chapeaux et crème solaire. La peau étant ainsi couverte, il lui est difficile de synthétiser la vitamine D. D’autres facteurs peuvent aussi empêcher la synthèse de la vitamine D, par exemple la couleur foncée de la peau, les nuages et la pollution. De plus, durant les 5 à 6 mois d’hiver au Québec, les rayons du soleil ne sont pas assez forts et la surface de peau exposée trop réduite pour permettre une synthèse optimale. Pour toutes ces raisons, la synthèse de la vitamine D par le soleil ne peut être considérée comme une source quotidienne suffisante et les besoins doivent être comblés principalement par l’alimentation.

En ce qui concerne le lait de vache, il contient 90 UI de vitamine D par 250 ml. L’enfant devrait en consommer plus de 1,5 L de lait par jour, pour atteindre la recommandation de 600 UI ce qui est non seulement irréaliste, mais représente plus que le double de la quantité recommandée pour l’enfant, soit 750 ml de lait par jour.

En résumé, un supplément de 400 UI est recommandé pour tous les enfants dont les besoins de 600 UI sont difficilement rencontrés, c’est-à-dire durant les mois d’hiver ou chez ceux consommant au quotidien peu de lait, de produits enrichis ou de poissons gras.

Il n’y a pas lieu de s’inquiéter d’un apport excessif en vitamine D qui pourrait avoir d’éventuels des effets toxiques, car l’apport maximal de vitamine D par jour est de 2 500 UI chez les enfants âgés de 1 à 3 ans et de 3 000 UI chez ceux âgés de 4 à 8 ans. Il est difficile d’atteindre de telles quantités même en combinant supplémentation et apports alimentaires.

En cas de doute, un pédiatre ou une nutritionniste sauront juger du besoin en supplément pour l’enfant et individualiseront l’intervention. C’est en vérifiant principalement le taux sanguin de vitamine D que le spécialiste déterminera si la supplémentation est nécessaire ou non.

Références

  • Godel, J.C. (2007). Les suppléments de vitamine D : Recommandations pour les mères et leur nourrisson au Canada, Société canadienne de pédiatrie, Comité de la santé des Premières nations, des Inuits et des Métis, Paediatr Child Health, 12(7):591-8
  • Ostéoporose Canada. (2015). La vitamine D : un élément clé pour une bonne absorption du calcium. Repéré à : http://www.osteoporosecanada.ca/losteoporose-et-vous/la-nutrition/la-vitamine-d/
  • Ross, A.C., Taylor, C.L., Yaktine, A.L., Valle, H.B.D. (2010). Dietary Reference Intakes for Calcium and Vitamin D. Washington, DC: Institute of Medicine of the national academies, Press NA.
  • Santé Canada. (2010). Fichier canadien sur les éléments nutritifs. Repéré à : http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/nutrition/fiche-nutri-data/index-fra.php
  • Santé Canada. (2014). La nutrition du nourrisson né à terme et en santé : Recommandations pour l'enfant âgé de 6 à 24 mois. Repéré à : http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/nutrition/infant-nourisson/recom/recom-6-24-months-6-24-mois-fra.php#q6
  • Webb, A.R., Kline, L., Holick, M.F. (1988). Influence of season and latitude on the cutaneous synthesis of vitamin D3: exposure to winter sunlight in Boston and Edmonton will not promote vitamin D3 synthesis in human skin. The Journal of clinical endocrinology and metabolism, 67(2):373-8.

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