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Nos bébés trop exposés au sucre

Publié le :
Par : L’équipe de nutritionnistes de Nourrir la vie | Dispensaire diététique de Montréal
Ustensiles tracés dans du sucre blanc granulé

Publié le 15 juillet 2019 dans le journal français Le Parisien, l’article « Trop de sucre dans les aliments pour bébé : mise en garde de l’OMS » suscite notre intérêt.

Cet article, qui se fonde sur une toute nouvelle étude de la division européenne de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), dénonce l’ajout de sucre dans pas moins de 33 % des produits alimentaires pour bébé, en Europe. Comme si cet ajout de sucre ne nous inquiétait pas déjà, nous apprenons aussi que des édulcorants (des substituts de sucre) font partie des ingrédients de la nourriture pour bébé.

Sommes-nous surpris? Pas vraiment… En 2015, l’Association pour la santé publique du Québec remettait un rapport sur l’analyse nutritionnelle des produits alimentaires destinés aux tout-petits (6 à 12 mois). Bien qu’au Québec moins d’aliments pour bébé contiennent du sucre ajouté, nos produits n’en sont pas complètement exempts et comportent parfois aussi trop de sel. Les grandes lignes de ce rapport mentionnent que :

  • sur les 34 purées de type repas analysées, 2 d’entre elles renferment du sucre ajouté;
  • les purées de type dessert contiennent presque toutes du sucre ajouté;
  • parmi les 18 céréales recensées, 4 sortes fournissent une quantité trop importante de sucre, en plus de regorger de sucre ajouté;
  • la grande majorité des collations (biscuits, torsades, galettes, etc.) comprennent du sucre et du sel ajouté.

En quoi est-ce alarmant? L’introduction des aliments complémentaires chez le nourrisson forgera ses goûts. Un enfant exposé à des aliments sucrés ou salés pourrait développer des préférences et consommer davantage ce type de nourriture, au détriment d’aliments plus sains à l’âge adulte. Les habitudes alimentaires se développent durant l’enfance et, bien qu’il ne soit jamais trop tard pour les modifier, elles deviennent nettement plus difficiles à changer chez l’adulte. Mieux vaut donc inculquer de saines habitudes alimentaires à nos enfants dès leur plus jeune âge.

L’article paru dans Le Parisien met aussi en avant le lien connu et irréfutable entre la consommation de sucre et le risque de caries dentaires et de surpoids. L’obésité infantile représente un fléau mondial grandissant de notre société d’aujourd’hui. En 2016, pas moins de 41 millions d’enfants présentaient un surpoids. Ces enfants s’exposent à des risques de maladies chroniques à l’âge adulte, telles que les maladies cardiovasculaires et le diabète.

Comment pouvons-nous aider nos tout-petits? Le Dispensaire conseille :

  • de privilégier les produits avec les mentions « sans sucre ajouté » et « sans sel ajouté ». Les aliments pour les moins de 12 mois ne devraient contenir aucun sucre ou sel ajouté ni aucun édulcorant;
  • de lire la liste d’ingrédients, car des produits ou des ingrédients naturellement sucrés peuvent s’y trouver. Un survol rapide des produits disponibles au Québec démontre par exemple l’ajout de jus de canne à sucre, qui se trouve à être bel et bien un sucre ajouté;
  • d’éviter, chez les jeunes de plus de 12 mois, les produits dont les trois premiers ingrédients de la liste consistent en un sucre : sucre, glucose, fructose, miel, sirop de maïs, sirop d’agave, etc., et d’éviter les produits contenant des édulcorants;
  • d’éviter les purées de type dessert;
  • de surtout privilégier les purées et aliments maison pour une variété optimale de saveurs et de textures.