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Est-ce que le tabagisme chez la mère est un facteur de risque de faible poids ou de prématurité chez le bébé ? Y a-t-il d’autres facteurs de risques modifiables?

Publié le :
Par : L’équipe de nutritionnistes de Nourrir la vie | Dispensaire diététique de Montréal

Oui. Le tabagisme est le plus important facteur de risque modifiable associé à la prématurité et au faible poids à la naissance. Il est établi que le tabagisme maternel ainsi que l’exposition maternelle à la fumée secondaire causent tous deux une réduction de poids à la naissance. L’utilisation d’autres substances telles que l’alcool et les drogues sont aussi associées avec la prématurité et le faible poids à la naissance.

Pour en savoir plus sur les conséquences de prématurité et faible poids à la naissance, cliquer ici.

D’autres comportements chez la mère peuvent mettre le bébé à risque de faible poids et de prématurité. Le tableau suivant regroupe les comportements à risque.

Facteurs liés au mode de vie Faible poids à la naissance Prématurité
Tabagisme X X
Alcoolisme X X
Drogues (cocaïne, narcotiques, amphétamines, héroïne) X X
Fumée secondaire X

Tabagisme et fumée secondaire

La nicotine et le monoxyde de carbone réduisent le débit sanguin et la concentration d’oxygène se rendant au fœtus dû à des changements physiologiques au placenta. Le monoxyde de carbone diminue aussi la disponibilité de l’hémoglobine (molécule de transport dans le sang) pour transporter l’oxygène au fœtus. En plus du risque de prématurité et de naissance de petit poids, le tabagisme peut avoir un effet sur le développement de l’enfant, causant une multitude de malformations congénitales. On évalue qu’une réduction annuelle de seulement 1 % du tabagisme aux États-Unis permettrait d’économiser 21 millions de dollars en coûts de santé, seulement pour les nouveau-nés. Au Canada, en 2005, 13,4 % et 14,2 % des femmes ont respectivement déclaré avoir fumé ou avoir été exposées à la fumée secondaire durant leur grossesse. L’effet du tabagisme n’est pas uniquement sur l’enfant mais aussi sur la mère, celle-ci augmente ses risques de cancer du poumon et d’infertilité. Pour ces multiples raisons, l’abstinence totale de la cigarette est recommandée durant la grossesse. Il est même conseillé  d’éviter la fumée secondaire qui peut provenir de d’autres membres de la famille.

Alcoolisme

Il est prouvé que la consommation d’alcool diminue la division cellulaire (croissance du fœtus). Il n’y a pas de quantité d’alcool minimale jugée sécuritaire durant la grossesse. Plusieurs études ont démontré que les bébés nés de mères qui buvaient deux consommations par jour avaient 200 g de moins à la naissance. Au Canada, en 2005, 10,5 % des mères ont déclaré avoir bu de l’alcool pendant la grossesse, les mères les plus jeunes rapportant davantage ce comportement nocif. La consommation de l’alcool durant la grossesse a aussi un impact sur le développement cognitif et de l’intelligence de l’enfant et ce même jusqu’à plus tard dans sa vie. Dû aux importantes implications de la consommation de l’alcool durant la grossesse, l’abstinence totale est recommandée durant la grossesse.

Drogues

La cocaïne, la marijuana, les narcotiques, les amphétamines et l’héroïne sont liées à l’insuffisance pondérale à la naissance et à la prématurité. À ce jour, le mécanisme exact pour chacune de ces drogues n’est pas très bien compris mais plusieurs vont stimuler les contractions utérines ou encore affecter le fonctionnement du placenta, pouvant changer le flot sanguin qui transporte les nutriments au bébé. Comme les contractions utérines diminuent le flot sanguin de la mère au fœtus, cela diminue la quantité d’oxygène et autres nutriments que le bébé reçoit. L’utilisation de ces drogues est aussi liée à des malformations congénitales pouvant affecter le développement cognitif du nourrisson en grandissant. Les risques prééclampsie, hémorragie post-partum, de fausse couche ou de mort à la naissance sont aussi présents avec l’utilisation de drogues. Dans les cas d’utilisation de drogues, il est important que la mère soit référée à des services adéquats pour les aider à diminuer et arrêter leur consommation durant la grossesse.

Pour connaître des stratégies pour diminuer les comportements à risque durant la grossesse, consulter l’article suivant pour le tabagisme.

Des facteurs médicaux peuvent aussi augmenter les risques de faible poids et de prématurité chez le nouveau-né. Pour en savoir davantage, cliquez sur ce lien suivant.

Références

  • Chang, G. (2016). Alcohol intake during pregnancy. UpToDate.
  • Chang, G. (2016). Overview of substance misuse in pregnant women. UpToDate.
  • Crane, J. M., Keough, M., Murphy, P., Burrage, L., & Hutchens, D. (2011). Effects of environmental tobacco smoke on perinatal outcomes: a retrospective cohort study. Bjog : An International Journal of Obstetrics and Gyneacology, 118(7), 865-871. doi: 10.1111/j.1471-0528.2011.02941.x
  • Institut canadien d’information sur la santé. (2009). Nés trop vite et trop petits : Étude sur les bébés de faible poids au Canada. Repéré à : https://secure.cihi.ca/free_products/too_early_too_small_fr.pdf
  • Institute of health economics. (2008). Alberta, Canada. Determinants and prevention of low birth weight: a synopsis of the evidence. Alberta : Institute of health economics.
  • Rodriguez-Thompson, D. (2016). Cigarette smoking: Impact on pregnancy and the neonate. UpToDate.

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