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Quelles sont les recommandations en matière d’alimentation durant l’allaitement?

Publié le :
Par : L’équipe de nutritionnistes de Nourrir la vie | Dispensaire diététique de Montréal
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Pendant toute la durée de l’allaitement, il importe d’avoir une alimentation équilibrée, variée, qui regroupe suffisamment d’énergie, de protéines, de bons gras et de vitamines et minéraux.

Le corps de la femme privilégie toujours l’allaitement afin de permettre au bébé de recevoir tous les éléments essentiels à sa croissance et à son développement. Ce faisant, si la maman n’a pas une alimentation équilibrée et variée, son corps puisera dans ses réserves afin que le lait maternel soit complet pour le bébé. Cette situation expose donc la mère à des carences nutritionnelles.

Énergie et protéines

La femme allaitante a des besoins plus élevés en énergie d’environ 450 kilocalories par jour, qui servent à la production du lait. Il lui est donc recommandé de conserver les mêmes habitudes alimentaires que durant sa grossesse. Pour combler ses besoins, la maman doit s’assurer de manger ses 3 repas quotidiens et de consommer 2 à 3 collations par jour. Le guide alimentaire canadien est un bon outil pour guider la maman sur les choix alimentaires et les portions à prendre. La combinaison des groupes alimentaires assure que les besoins en protéines, énergie, vitamines et minéraux soient comblés. Les collations se doivent d’être nutritives et, pour ce faire, il faut combiner un aliment source de glucides avec un aliment riche en protéines, tel qu’un produit laitier, des noix ou des légumineuses. Voici quelques exemples de bonnes collations nutritives :

  • Lait et pomme
  • Craquelins et fromage
  • Légumes, humus et fromage
  • Tranche de pain blé entier et beurre d’arachides

Bon gras

Les gras alimentaires consommés par la mère influenceront la qualité des gras de son lait maternel. Ainsi, pris avec modération, les bons gras sont à privilégier puisqu’ils peuvent avoir des effets favorables sur le développement de l’enfant. Les huiles végétales telles que l’huile d’olive, de canola et de tournesol sont à privilégier. Les poissons représentent également une excellente source de bons gras dont des oméga-3 , essentiels au bon développement du cerveau du nourrisson. Les gras trans et saturés sont, quant à eux, à ne consommer qu’occasionnellement. Ils sont retrouvés principalement dans les pâtisseries, les croustilles et les aliments frits. Rappelons que les matières grasses, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, sont à consommer avec modération compte tenu de leur grande valeur énergétique.

Hydratation

Lors de l’allaitement, le corps sécrète une hormone, l’ocytocine, qui peut augmenter la soif. Il importe donc de boire suffisamment d’eau pour étancher cette soif. Bien que la quantité de liquide consommée n’influence pas la quantité de lait produit, il semble toutefois que, chez une femme présentant une déshydratation très importante, la production de lait puisse diminuer temporairement. La couleur de l’urine est le meilleur moyen de savoir si vous buvez assez d’eau : si vous êtes déshydratée, votre urine sera foncée et présentera une odeur plus forte que l’urine claire, signe d’une hydratation correcte.

Besoin d’un supplément?

Les suppléments en vitamines et minéraux ne sont pas nécessaires durant l’allaitement si l’alimentation est équilibrée et variée qui devrait répondre à tous les besoins de la mère allaitante et de son nourrisson. Cependant, avec l’arrivée du bébé, il est parfois difficile de consacrer autant de temps à la préparation des repas et l’équilibre alimentaire peut en être affecté. Au Dispensaire diététique de Montréal, une multivitamine est recommandée durant au moins les 6 à 8 semaines suivant l’accouchement. Qui plus est, la vitamine D est recommandée chez le bébé, à raison de 400 UI par jour. Pour la femme qui n’aime pas le poisson, un supplément d’oméga-3 peut être suggéré. Consultez le médecin traitant ou une nutritionniste pour les recommandations quant aux suppléments.

Attention!

En général, il n’y a pas d’aliments à éviter durant l’allaitement. Il n’est pas démontré que le chou ou les légumineuses sont impliqués dans les épisodes de coliques chez les bébés. Cependant, la caféine est à consommer avec modération. Une attention particulière doit également être portée à la consommation d’alcool , puisqu’il se retrouve dans le sang et le lait maternel et que le corps nécessite du temps pour l’éliminer. Les boissons énergisantes et produits de santé naturels sont à éviter totalement puisqu’ils peuvent être dangereux pour le bébé. Pour toutes interrogations relatives à l’alimentation et l’allaitement, consultez un professionnel de la santé.

Références

  • Guilbault, L. Formation de base en allaitement maternel (2008) Santé et services sociaux Québec. Repéré à : http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/2008/formation_allaitement.pdf
  • International lactation consultant association. (2002). Core curriculum for lactation consultant practice. United-States : Marsha Walker editor.
  • Mercier, J.C., Fortin, C. et Santerre MJ. (2010). Guide pratique en allaitement pour les médecins. Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale. Repéré à : http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/bs1971954
  • Santé Canada. (2010). Lignes directrices sur la nutrition pendant la grossesse à l'intention des professionnels de la santé - Renseignements relatifs au Guide alimentaire canadien. Repéré à : http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/pubs/nutrition/guide-prenatal-fra.php
  • Trahan, J., Beauregard, C., Benoît, R., Bienvenue, J., Côté, N., Doré, N., ... Moquin, D. (2000). Allaitement. Manuel de nutrition clinique en ligne. Ordre professionnel des diététistes du Québec.

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