Historique

Le Dispensaire, c’est une belle histoire de femmes inscrite au cœur de la collectivité montréalaise. Depuis sa fondation en 1879, cinq femmes ont marqué l’évolution de notre organisme, chacune à sa façon.

dewittEn 1879, Emily F. De Witt, à la tête d’un groupe de bénévoles, inaugure un nouveau service dans un local au sous-sol du YMCA, situé alors au 47 de la rue Metcalfe (en 1905, après plusieurs déménagements, le Dispensaire s’installera, pendant 17 ans, dans une belle maison sise au 97, rue Mansfield).  Ce nouveau service consistait en la préparation et la distribution de mets nutritifs (bouillon, gelée de viande, gelée au vin, pouding au pain et autres) au domicile des Montréalais démunis, et ce, sur la recommandation d’un médecin. La première année, elle aide 300 personnes. Une cuisinière est embauchée en 1885, année où les visites à domicile atteignent le nombre de 5 783. Consciente qu’au-delà du don de nourriture, une orientation préventive s’impose, Mme De Witt s’assure qu’une diététiste lui succède en 1922. Jean Crawford, diététiste, instaure l’éducation à la nutrition sous forme de counseling. La distribution d’aliments de haute valeur nutritive augmente alors de façon spectaculaire : en 1923, 21 670 litres de lait sont distribués!

garvockEmbauchée en 1924, la diététiste Ann (Nan) O. Garvock prend la relève. Tout au long de ses 34 années de carrière au Dispensaire, elle travaille à persuader les personnes pauvres de suivre les principes d’une bonne nutrition et, plus important, les aide à le faire à bon compte. Sous sa gouverne, le Dispensaire engage plus de diététistes, ajoute des cours de cuisine à ses services, publie un livre de recettes, utilise les ondes radiophoniques pour diffuser l’information sur les bonnes habitudes alimentaires, instaure une semaine de la nutrition, diffuse les données du premier Panier à provisions nutritif au Canada – outil mis à jour trois fois par année encore aujourd’hui et qui fait du Dispensaire un organisme de référence en matière de sécurité alimentaire –  et collabore avec les cliniques prénatales publiques.  Au cours de ces années, le Dispensaire aura connu deux autres déménagements avant de s’installer en 1935 au 834, Richmond qu’il occupera jusqu’en 1958. Cette année-là, il acquiert la maison qu’il occupe depuis, au 2182, avenue Lincoln.

higginsAgnes C. Higgins, diététiste, commence à travailler au Dispensaire en  1948 et le dirige de 1959maison couleurs à 1981. Ayant œuvré dans des cliniques prénatales, elle avait constaté que, très souvent, les femmes enceintes sous-alimentées donnaient naissance à des bébés très petits et chétifs. Sous
son impulsion, et bien que totalement à contre-courant des pratiques de l’époque, la lutte au « faible poids à la naissance » prend alors place au centre des préoccupations du Dispensaire. Agnes C. Higgins développe la « méthode Higgins »© qui allie correctifs nutritionnels, stratégies de motivation et soutien global en misant sur la relation privilégiée entre la future mère et sa diététiste. Elle procède également à l’évaluation de l’efficacité de son approche au moyen d’une étude réalisée en collaboration avec l’Hôpital Royal Victoria.  En 1967, le Dispensaire achète la seconde moitié de la maison jumelée qu’il occupe pour y installer les activités de l’internat en nutrition communautaire de futures diététistes.  En 1980, à l’occasion du centenaire du Dispensaire, cette maison de briques rouges et de volets blancs est nommée la « Maison Agnes C. Higgins » et une plaque commémorative est apposée à l’entrée de l’immeuble.

Marie-Paule

Marie-Paule Duquette, diététiste, embauchée au Dispensaire en 1969, en assume la direction à compter de 1981. En complément au service de counseling selon la « méthode Higgins »©, elle instaure le programme d’activités de groupe afin de soutenir les mamans qui allaitent et favoriser l’attachement mère-enfant de même que l’acquisition de compétences parentales. Sous son leadership, les volets recherche et formation des activités du Dispensaire ont pris de l’essor.  En 1993, après avoir mené une importante campagne de financement et avoir eu recours aux services de généreux ingénieurs et architectes, elle commande d’importants travaux de rénovation qui seront faits en trois phases et aboutiront à cet espace confortable et convivial qu’on retrouve aujourd’hui. En 2013, au moment de prendre une retraite bien méritée, elle dirigeait une équipe d’une petite vingtaine d’employées parmi lesquelles 13 intervenantes dont neuf diététistes, une technicienne en travail social, deux éducatrices en périnatalité et une éducatrice en petite enfance.

Vous voulez en savoir plus sur l’histoire du Dispensaire? Procurez-vous le livre « Un phare dans la cité » par Renée Rowan (édition 2000), disponible au Dispensaire (15$).